Source:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hagiographie
L’hagiographie
est l'écriture de la vie et / ou de l'œuvre
des saints (catholiques). Le texte hagiographique
étant destiné à être lu, soit lors de la
prière chrétienne de la nuit (Lectures)
soit en public dans le cadre de la prédication
(catholique) , on lui donne souvent
le nom de légende
(du latin legenda. Le glissement
de sens opéré durant le XVIe siècle
au terme légende qui désigne alors un
« récit à caractère merveilleux où
les faits historiques sont transformés par
l'imagination populaire ou par l'invention
poétique » résulte de la nécessité
devant laquelle se sont trouvés beaucoup
d'hagiographes médiévaux de fournir
la matière destinée à alimenter le culte
de saints personnages dont ils
ignoraient à peu près tout.
Le genre littéraire
hagiographique, s'est développé dès les
débuts du christianisme. De très nombreux
récits de martyres chrétiens des trois premiers
siècles nous sont parvenus, en grec, en
latin et dans plusieurs langues orientales.
Dans cette abondante littérature hagiographique,
la majorité des textes se soucient peu de vraisemblance historique. Le culte des
martyrs a été légitimé par le soi-disant «édit de Milan
en 313»,
d'où la popularité de ce genre littéraire pour «élever certains personnages» au rang de «saints» intercesseurs. Rappelons-nous qu'en 313, une politique de tolérance envers le «christianisme de l'époque» qu'on réfère à
«l'édit
de Milan», fut promulgué par l'empereur d'occident
Constantin Ier (et par l'empereur d'Orient
Licinius, avant que Constantin élimine ce
rival). Contrairement à ce que beaucoup croient, cette politique de tolérance religieuse visait tous les cultes religieux sans exception, païens ou «chrétiens». Néanmoins ce qui a été retenu par l'Église de Rome, c'est que cette «politique impériale de tolérance religieuse» instaura une liberté de culte pour
les «chrétiens», et pour les historiens, cette tolérance religieuse n'avait pour but que de résoudre
«les problèmes relatifs à la sécurité et
au bien public». Donc, pour revenir sur le sujet, gardons en mémoire que les textes hagiographiques
utilisent
«des récits stéréotypés»
et un fonds de lieux communs qui enlève
toute personnalité, voire toute épaisseur
historique, à celui dont elles font l'éloge.
Dans le monde latin, on peut
citer parmi les textes les plus anciens,
«la Vie de saint Martin» par Sulpice-Sévère, œuvre hagiographique qui
est devenue l'un des textes les plus réputés.

Par rapport à une biographie, l'hagiographie
est un genre littéraire
qui veut mettre
en avant le caractère de sainteté du personnage
dont on raconte la vie. L'écrivain, l'hagiographe n'a pas d'abord une démarche
d'historien, surtout lorsque le genre
hagiographique s'est déployé.
Aussi les hagiographies anciennes sont parsemées
de passages merveilleux à l'historicité
douteuse. Au sens plus large,
l'hagiographie désigne l'étude de la littérature
hagiographique et du culte des saints. Cette
approche scientifique est parfois appelée
hagiologie. D'une manière plus polémique,
on parle aussi d'hagiographie pour désigner
un écrit (une biographie) trop favorable
à son objet, c'est-à-dire manquant de recul
et/ou ne laissant guère de place à la critique.
Après
l'hagiographie monastique qui célèbre à
travers des saints l'idéal de la communauté
(ascèse, travail manuel, hospitalité, prière)
pour promouvoir ce type de sainteté, se
développe l'hagiographie épiscopale en lien
avec l'établissement des évêchés (hagiographie
s'appuyant sur le modèle des évêques fondateurs
et évangélisateurs — voire martyrs) et l'hagiographie
royale et dynastique. De plus, des typologies
de saints existaient au Moyen Âge, ce qui
a conduit les hagiographes à se conformer
à ces modèles et à faire de nombreux emprunts
à des récits antérieurs. La typologie est
à l'origine de ce que l'on appelle l'allégorie
médiévale et est considérée comme une méthode
d'interprétation de la Bible. L'hagiographie
est ainsi un récit fortement stéréotypé
dont la fonction pastorale est de servir
à l'instruction et l'édification religieuse, mais qui peut avoir aussi une fonction normative,
politique et de propagande religieuse.
Au Moyen Âge, l'hagiographie dominicaine
et franciscaine invente alors des modèles
de vie de saints sous la forme
d'exemplum
à prêcher, leurs textes
ayant une fonction homilétique mais aussi
récréative avec de nombreuses anecdotes
mises au service d'une catéchèse destinée
aux fidèles. La littérature hagiographique,
d'abord destinée aux communautés religieuses,
s'est diffusée dans le monde laïc où elle
a servi progressivement d'auxiliaire au
clergé local pour favoriser le culte des
saints proposé à la piété populaire.
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